Richard Bennett

Richard Bennett

Extraits de l'interview donné au magazine :Club Des Années 60 par Marc Liozon

Considéré par la discographie française de Mai 1960 comme un excellent batteur de jazz,unanimement apprécié lors de ses prestations au "Boeuf Sur Le Toit" Richard et les Dixie Cats écument avec succès les cabarets parisiens tout en animant chaque année la grande nuit du jazz qui se déroule à la salle Wagram, un lieu tout à fait propice considéré alors comme "Le Temple Du Jazz Parisien" avant de subir dés 61 l' invasion des groupes "Yé-Yé".

Composé de Richard Bennett( batterie) Stéphane Guerault( Clarinette) et Nino Ferrari( Basse) , ce trio constitue la base des Dixie Cats,
un orchestre de jazz traditionnel axé sur le style New orleans qui bénéficie alors d'une excellente notoriété tout en animant bals d'étudiants et soîrées prestigieuses: Boom H.E.C. Polytechnique, etc.

Richard - "L'été 61, après une tournée avec les Chaussettes Noires, le choc de notre rencontre avec Vince Taylor et surtout notre participation au festival de jazz d'Antibes en première partie de Ray Charles nous décidons Nino et moi- même, de faire passer la rythmique de l'orchestre , du ternaire jazz au binaire Rock"

" sans trahir nos influences ni sombrer dans une démagogie musicale cristallisée par le rock et autre twist, une certaine "adaptation" s'imposait au sein du groupe , dont le seul nom était évocateur du jazz. Metamorphosé en "Richard bennett & R n' B", nous souhaitons alors intégrer un chanteur au sein du groupe".

Nino Ferrer(Basse)
Richard Bennett
(Batterie)
Georges Chatelain
(Guitare)
Paul Rako
(Orgue)

"Si de nombreux essais s'avérèrent sans suite , la rencontre avec Nancy Holloway, lors d'une soîrée au Golf Drouot sucita d'emblée notre interêt car elle incarnait un certain charisme sans doute acquis auprès d'excellents jazzmen comme Kenny Clark, Lou bennett… cotoyé depuis 1959 dans de nombreux cabarets parisiens : Le Moulin Rouge, Le Blue Note…"

"Nancy, véritable" bête de scène" favorisa sans aucun doute un nouvel essor à notre groupe tout en nous permettant accéder à de nombreuses scènes accaparées par un aéropage de jeunes groupes".

Nancy Holloway
(
Accompagnée
Par)

Nino Ferrer(Basse)
Richard Bennett
(Batterie)
Georges Chatelain
(Guitare)
Paul Rako
(Orgue)

"A la séparation du groupe alors que Nancy flirtait avec le succès grâce à sa sublime adaptation du hit de Dionne Warwick
" Don't Make Me Over" , j'ai continué à me produire pendant quelques mois au Bilboquet, sans Nino qui orientait alors sa carrière vers le cabaret, sans doute plus propice à l'élaboration d'un veritable tour de chant, face à l'indiférence des labels de disque ou, malgré de nombreuses auditions, Nino essuyait refus sur refus".


"Recruté vers 64 par les disques Barclay, comme directeur artistique afin de réactiver le label Riviera dirigé par Leo Missir, c'est sans doute grâce au succès estival de " La Passionnata" de Guy Marchand, que j'avais produit mais conçu comme un canular, que j'ai réellement pu m' investir dans la carrière de Nino, suite à la déconfiture du label Bel-Air dirigé par Nicole Barclay.."

"Enregistré en octobre 65 au studio Hoche sur un 4 pistes en deux séances, "Mirza" bénéficia d'un Budget ridicule. Le staff du groupe se composait alors de Nino ( basse), Richard Hertel (batterie) et l'inventif Bernard Estardy a l'orgue".

"J'étais mal payé mais heureux chez Barclay tout en bénéficiant d'une grande liberté artistique très stimulante".

"Attrait du gain… désir de changement… Jacques kerner directeur du label Polydor me décida alors à rejoindre ce label appartenant au même groupe financier que Philips".

"Afin d'étoffer mon staff, je fis appel à d'anciens artistes dont je m'occupais chez Barclay:" Les Piteuls " de Colombes, un groupe phare du Golf Drouot et de la Locomotive, contractuelement libre, après avoir enregistré sous le pseudonyme de "Bain Didonc " un disque en 66 chez Rivièra"


"Complété par le talentueux Guy Skornik, excellent compositeur qui participa à "La Rose d'Or D'Antibes 67". On devine que je ne disposais que d'une palette artistique réduite pour raviver le label Polydor engoncé dans une certaine lethargie…"

"Je tentais, mais en vain d'imposer un style assez psychédélique en phase avec mes influences musicales (Yardbirds, Ingoes) tout en devenant de plus en plus tricards face aux attentes du label de la rue Cavalotti .


Des Piteuls aux Papyvores

"A quelques nuances près, le staff initial des Piteuls composé de Serge Koolenn ( Guitare ), henri Séré dit Riquet ( basse ), Richard Dewitte (Batterie ), Jean-Jacques Kravetz ( Claviers ), Jean-Pierre Demetri ( Guitare ), remplacé par Jacques Mercier ( Guitare ) est identique.
Une ossature solide de musiciens expérimentés que l'on retrouve tour à tour au sein des "Jelly Roll", des" Papyvores", ou de "Pierre Paul ou Jacques" , tout en préservant une certaine énigme ( pochette solarisée) pimentée parfois d'un humour assez corrosif, particulièrement perceptible sur l'emblèmatique Papyvore, enregistré en Mai 1967 au studio de la rue des Dames, proche de locaux de Polydor".

"Destiné à favoriser la promotion des robes en papier déssinées par le célèbre couturier Paco Rabane, nous avons imaginé de glisser un buvard imbibé d'acides( en fait de l'eau ! ) que nous avons adressé aux différents média comme carte d'invitation !"

"Une astuce réussie pour une soîrée mémorable qui se déroula au cinéma de l'Avenue rue du Colisée, en présence de Sophie Agacinsky et des Papyvores étoffés de "Nana Cacharella" dont la voix est tout à fait perceptible sur le titre générique".

"Afin de paraître plus authentique, le disque fût initialement enregistré et divulgué en anglais sous le pseudonyme de
"Buddy Badge Montezuma"
"Une composition originale aurait tout naturellement parue suspecte, seules les adaptations retenaient l'attention.
En fait, j'appliquais à la lettre les astuces et recettes acquises auprès d'Eddie Barclay, un homme vraiment novateur".


Avec Charles Trenet

"Charles Trenet est pour moi le seul chanteur capable d'incarner le swing. La langue française, pourtant si riche est un lourd handicap dont Trenet évita les éceuils. La seule évocation de "Boum" vous impose une rythme".

"En 66 il sollicita d'ailleurs les Piteuls pour rajeunir son tour de chant et l'accompagner sur scène lors d'une tournée estivale qui débutait à La Rochelle, avant de composer un an plus tard le sublime " Renaud La Guerre", enregistré en Novembre 67 par "Pierre Paul Ou Jacques.

A ma connaissance, ce titre est la seule incursion du "fou chantant" plus ou moins lié aux années 60, qu'il n'appréciait que très modérément, pas plus que le trivial " Ta Culotte Charlotte" qui figurait en face B de ce 45 Trs crédité à William Bennett.

Je peux aujourd'hui dévoiler qu'il s'agissait d'un de mes pseudonymes, car ma fonction de directeur artistique m'interdisait alors de cosigner textes ou musiques ! Un comble pour un musicien, obligé de disimuler son identité sous de multiples pseudonymes tels que "Burt Blakey"……

Propos receuillis par Marc Liozon le 10 Avril 2003


Pour les "Jelly Roll ex-Piteuls " dont je fis partie de Septembre 67 à Septembre 68, Richard produisit avec Polydor deux 45 Trs.
"Je Travaille à La Caisse", adaptation française par Richard Dewitte du titre créé par Otis Redding " Try A Little Tenderness " en face A
et "
Sans Toi", adaptation francaise (toujours par Richard Dewitte) d'un titre des Beach Boys " With Me Tonight ",

Ce disque fût suivi quelques mois plus tard, d'un second 45trs comportant 2 titres composés par Guy Skornik.
En face A "
Les Maudits Personnages" et en face B "Les Vérités de la Police".
Richard produisit aussi entre temps un 3 ème 45Trs des Jelly Roll pour Riccordi (label Italien) : Un version par les Jelly Roll de
" Night In White Satin " qui précéda de quelques mois la version officielle des Moody Blues sur le marché Italien.

Jacques Mercier Septembre 2004

© Copyright Golfdrouot 2000 tous droits reservés